Le Magazine d'information de Terrasse en Ville
L'escargot par Phil Deibler
L’automne, les feuilles mortes, les bourrasques de mistral… une saison somme toute parfaite pour la chasse aux escargots. Et l’amateur de gastéropodes peut déjà réserver une place de choix à un spécimen en plein développement dans la région, un morceau de choix, une créature plus volumineuse et plus charnue que celles jusqu’ici enregistrées par la science. En panne d’inspiration, les chercheurs ne lui ont pour le moment donné qu’un numéro : 2013.

Certains observateurs avaient déjà cru l’apercevoir avant l’été, avant de se raviser et de ranger cette curieuse découverte au rang des mirages. Las, sa présence s’est confirmée : l’escargot Marseille Provence 2013 traîne bien sa carcasse dans nos contrées, on l’a repéré sur le Vieux-Port et dans les alentours.

Le projet n’avance pas ou si peu. Habitués eux aussi de l’automne, les organisateurs du festival Marsatac l’ont bien compris et ont relancé un cri d’espoir pour tenter de réveiller le mollusque endormi. Le 10 septembre, lors de la conférence de presse de présentation de l’édition 2009, Dro Klindjian, chargé de la programmation du festival a rappelé qu’après 11 ans d’existence, Marsatac ne disposait toujours pas d’un lieu pérenne. Malgré cela, il a confié ses rêves pour 2013 : « Plus jamais, Marseille ne sera comme avant. Marseille s’est réveillée, sa jeunesse donne désormais la main à celle de Londres, de Berlin, de Barcelone, de Beyrouth et d’Alger pour rentrer dans la modernité, de l’avant-garde artistique et de la fête ». Et Klindjian de conclure, à l’adresse de qui voulait bien l’entendre : « donnez-nous l’occasion de vous prouver que Marseille est capable d’être cette ville-là ».

En est-elle capable ? Sûrement. Plutôt que de limasser à l’ombre des inquiétudes et des doutes, il faudrait donc que l’escargot opère enfin sa mue. Les travaux du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée doivent débuter en novembre. Peut-être cette première ébauche de réalisation concrète permettra-t-elle à l’animal paresseux d’entrer en transformation. Le processus doit durer un peu plus de trois ans. Sera-t-il suffisant ? On y croit.

Bernard Latarget, le directeur de Marseille Provence 2013 aussi mais il prévenait récemment dans une interview à Libération : « Je n'ai pas réussi à inquiéter mes interlocuteurs. Quand un projet comme ça est réussi, on gagne dix ans. Mais quand on le rate, on perd dix ans! Je n'arrive pas à faire prendre conscience des conséquences d'un échec. On est encore trop sous l'effet du succès de la candidature. Or, les risques d'échec sont réels ».

Et si l’escargot ne bouge pas, Marseille restera coincé au fond de sa coquille…

Rédigé par anne lesage le Mardi 3 Novembre 2009 à 19:53