Matthieu Delfini
Vernissage le jeudi 9 avril à partir de 18h
Terrasse en Ville – 26 rue des trois frères Barthélémy – Marseille 6e
Matthieu Delfini présente pour la première fois son travail à Marseille chez Terrasse en Ville, à l’agence du Cours Julien.
Rien ne le destinait à la peinture. Formé à l’Essec, passé par le capital-risque, il évolue d’abord dans un univers structuré, analytique, éloigné de l’atelier. En 2019, une fracture du genou interrompt brutalement le rythme. Immobilisé, il ouvre une boîte d’aquarelle offerte quelques jours plus tôt pour son anniversaire. Ce geste anodin devient un basculement. La peinture s’impose comme une révélation, un langage, une manière d’être au monde.
Autodidacte, il construit sa pratique par l’observation, l’exigence et l’expérimentation. Les premiers cycles explorent les paysages de son sud natal : mers franches, montagnes, champs, falaises. Les horizons, baignés de couleurs vibrantes, invitent à la contemplation. Plus que des vues, ils traduisent des états intérieurs, une aspiration à la liberté et à l’évasion hors du cadre temporel.
Peu à peu, la figure humaine prend le relais. Gestes suspendus, corps en tension, regards qui échappent. L’artiste s’attache aux micro-expressions, à ce qui affleure sans se dire. Le dessin structure, la couleur insuffle l’intensité. Chaque scène demeure ouverte, laissant au spectateur l’espace d’y projeter son propre récit.
Une résidence d’un mois à la Bandjoun Station, au Cameroun, enrichit encore sa démarche. Confronté à d’autres dynamiques sociales, il observe solidarité et résilience, approfondissant sa réflexion sur les interconnexions humaines.
Sa série Marseille, débutée en septembre 2025, en constitue aujourd’hui la synthèse. Sur le littoral méditerranéen, la diversité des corps et des attitudes s’inscrit sur un socle minéral. La lumière marseillaise sculpte les volumes et intensifie la scène. Ancrée dans un territoire précis, l’œuvre déploie un récit à la fois singulier et universel.
Avec cette exposition, Matthieu Delfini affirme une trajectoire libre : celle d’un ancien financier devenu peintre, qui a choisi la toile comme espace de vérité.